Flux News Magazine #80

Edito

Avec la Biennale de Lyon et l’expo Bacon au centre Pompidou, la rentrée de saison est un peu décalée. Nous nous sommes décidé de boucler ce numéro plus tard pour mieux chevancher l’actualité. Le choix de la cover est en relation avec Lyon, Eva LHoest représente est à Lyon avec un projet soutenu par la CCAP. La photo de son installation a été prise par Michel Clerbois et situe le propos de l’artiste  à la lisière des migrations entre nature et artificiel, entre l’humanoide et l’humain. En écho à ce propos, une autre photo, réalisée par Frédéric Darras concerne l’artiste Olivier Pé. Elle vient créer des liens et dialoguer sur une autre perspective. Entre apparition et disparition, l’humain vient s’intercaler dans une zone que l’on pourrait baptiser refuge. Ici la présence de l’humain est centrale. Pour combien de temps encore?  

Ce numéro revient sur l’événement important de cet été: la 58e Biennale de Venise. Pas moins de quatre collaborateurs se sont manifestés pour donner leur avis sur cette Biennale. Avec l’apparition du moustique tigre, le parasite le plus craint et le plus détesté des Biennalistes à l’heure de la sieste, soulignons en avant  première l’arrivée d’un chroniqueur d’excellence.  Avec la complicité de Louis Annecourt, cette sacrée bestiole s’est même vu offrir un double tour de piste.  Un véritable apéro spritz qui fait du bien au moral. Colette Dubois nous décoche dans sa chronique sur la Biennale une mise au point sous forme de règlement de compte: Oubliez Venise? Dans le genre: Vous, vous pouvez revenir, moi, on ne m’y verra plus! En fait, elle se pose la question de la véritable place de l’art dans cette grande kermesse qu’est devenue la Biennale. De plus en plus considérée comme le “meeting point” obligé des professionnels de l’art qui se donne rendez-vous lors des journées presse pour se retrouver et faire éventuellement quelques affaires… Où se cache l’art aujourd’hui? La Biennale de Lyon avec sa volonté affichée d’offrir aux jeunes artistes non encore reconnus par le marché la place qu’ils méritent, ne semble pas lui avoir redonner le moral… J’avoue que souvent la question m’effleure également et que très vite j’essaie de l’occulter le plus rapidement possible. Pour une question de sauvegarde de l’appétit tout simplement. La question de l’impraticabilité de la Biennale de Venise est récurrente. Une des causes de la non visibilité de l’art est liée plus que probablement à l’architecture particulière du Pavillon central dans les Giardini qui se montre complètement inadaptées depuis quelques années aux exigences en matière de présentation de l’art. L’engorgement du trop plein de visiteurs lors des premiers jours empêche d’avoir un bon feeling avec les oeuvres.  La stratégie de Ralph Rugoff qui consiste à reprendre les mêmes acteurs dans les deux lieux, Arsenal et Giardini, démontre l’obsolescence du pavillon central. Il est plus que temps pour le président de la Biennale, Paolo Baratta, de changer de cap  en repensant la finalité de ce lieu. De nouvelles propositions émergentes, soutenues par de jeunes curateurs internationaux redonnerait sans doute un peu de vitalité à une structure vieillissante. Arrêter de courir, prendre le temps de regarder et se permettre le luxe de sauter les incontournables, quel luxe! Jeanpascal Février l’a fait lors de son périple vénitien. Avec son texte, le corps intuitif, il entre en immersion avec certaines pièces vues dans le cadre de la Biennale. 

Au Centre Pompidou, il sera aussi question de chairs et de cris sourds avec le très beau texte de Véronique Bergen sur l’exposition de Francis Bacon. Luk Lambrecht dans sa chronique sous forme de panorama d’expositions dans le nord nous parle entre autres de l’exposition Luc Tuymans à Tilburg, mais surtout il nous parle de la problématique actuelle des centres d’arts dans le nord du pays qui doivent se repositionner face à l’impasse politique et culturelle qui bouleverse le champ de l’art. Les mises en pensions de plusieurs directeurs d’institutions accentue la sensation de fin d’une époque. Ayant voyagé dans le sud de la France, Michel Voiturier nous relate quelques textes. A découvrir sur le site. 

Sommaire

2 Edito par Lino Polegato
Les vies en bleu de Jean-Pierre Ransonnet, un texte de Ludovic Demarche
5 Emmanuel van der Auwera au Botanique, texte de Septembre Tiberghien
7 Les abeilles de l’invisible, expo au MAC’s , un texte d’Annabelle Dupret.
9 La nef des fous selon Laurent Impeduglia, texte de Dominique Legrand 
10 La collection de Georges et Stephan Uhoda, une interview par Lino Polegato
Liège, intervention de Djos Janssens à la cantine, un texte d’Anna Ozane
11 15e Biennale de Lyon, texte de Colette Dubois
12/13 Chronique du Nord, Luc Tuymans à Tilburg, un texte de Luk Lambrecht.
13 Immersion dans l’oeuvre de François Chaignaud et Marie-Pierre Brébant par Marion Tampon Lajariette
14/15 Expo Francis Bacon au Centre Pomidou, un texte de Veronique Bergen.
15 L’art des Sepik-Ramu, un texte de Veronique Bergen.
17 Oublier Venise!, le point de vue de Colette Dubois sur la Biennale de Venise.
18/19 Le moustique tigre, Biennale de Venise par Louis Annecourt.
16 Le corps intuitif, un texte de Jeanpascal Février sur la Biennale de Venise.
20 Expo au BPS22: Teresa Margolles,  interview par Colette Dubois.
21 Olivier Pé, courriel Joke Lootens, Jeanpascal Fevrier, texte de Joelle Girard
22 Claudio Parmiggiani à la galerie Meesen Declercq par Colette Dubois
Orla Barry et Els Dietvorst au Muzee et Permekemuseum par Romain Masquelier.
23 Livres. Chantal Thomas et les fantômes de la beat generation par Veronique Bergen. Expo collective, un texte de Julie Hanique.
24 Efflorescence au CWAC, une expo collective au CWAC par Lino Polegato
25 Expo au centre d’art cont. du Lux. belge, un texte de Dominique Legrand.Expo de Sahar Saâdaoui à l’Espace K9, texte de Natasha De Mol28 
26/27 Le Tigre moustique à la Biennale de Venise par Louis Annecourt
29 Visite de l’atelier de Michel Leonardi par Michel Vandam, un texte d’auteur.
30 Séjours siciliens de Michel Couturier un texte d’Anna Guillot.
32 Bribes d’art venues du Sud, un texte de Michel Voiturier.
34 La chronique 21 d’Aldo Guillaume Turin. Federico Fellini, Pablo Picasso, Arnaud Debrée, Imi Knoebel, Mikhael Hers, Jeff Koons.

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