Flux News Magazine #76

Sommaire

2 Edito.
3 Liège, Expo ROMA à la Boverie, un texte d’Alain Delaunoy. Roel Goussey à la galerie Flux.
5 La collection Rikkers en exposition, interview des collectionneurs.
6 Un texte de Yoann Van Parys sur une expo de Jana Euler.
7 Un texte de Véronique Bergen sur l’oeuvre de Sophie Podolsky
8 Saâdane Afif au Wiels, un texte d’Aurélia Declerq. Expo Re pulsion,
un texte de Thibaut Wauthion.
9 Interview d’Eric Van Hove dans son atelier à Marrakech par Lino Polegato et Bruno Mottard.
10 Recensement d’un festival experimental à Zurich par Marion Tampon Lajariette.
11 Giovanni Bosco, artiste brut contemporain, un texte d’Annabelle Dupret. Lynchage Médiatique au Luxembourg, un livre vient de sortir sur l’affaire Lunghi/RTL
12 Le Cirque Divers s’expose à Liège, un texte de Céline Eloy.
13 Je suis atoll, exposition à l’Ikob d’Eupen par Romain Masquelier.
Les Noirs de Denise Gilles par Francis Feidler.
15 Sur l’oeuvre  d’Adel Abdessemed , un texte de Véronique Bergen.
16 -19 Esthétique de la disparition au Japon, un texte de Raya Baudinet Lindberg.
17 Nicolas Schoeffer au LAM, un texte de Michel Voiturier.
20 David Lachapelle au BAM Mons, un texte de Michel Voiturier.
21 Exposition Tino Sehgal à Turin, un texte de Luk Lambrecht.
22 Une déambulation performative à Genève, un texte de Marion Tampon Lajariette.  Essai poétique de Joseph Orban sur l’oeuvre photographique de Lucia Radochonska.
23 Exposition de M.Delmotte et Karinne Marenne au MAAC
24 Sur l’oeuvre de Michael Matthys, un texte d’Annabelle Dupret.
25  Sur une exposition d’Adriano Altamira, un texte de Michel Clerbois
26 Antoine Van Impe chez Croxhapox, un texte de Ludovic Demarche.
27 Sur le dernier Livre d’artiste des Guido Lu, un texte d’André Stas. Echos de la côte par Jean Pierre Giovanelli.
28 La Chronique d’Aldo Guillaume Turin
30 Le Tour des Expos par Louis Annecourt.

Edito

Ce numéro s’inscrit sous le signe de la disparition. En marge de la Foire de Bruxelles qui fête cette année ses cinquante ans se pose la question de la vraie place de l’art aujourd’hui?  Dans les Foires d’art,  chez les collectionneurs privés? Ou dans la rue comme la photo de couverture nous le démontre?
Nashima est une petite île de pêcheurs au large du Japon. C’est là que le richissime collectionneur Soichiro Fukutake présente dans son musée des artistes japonais et internationaux. Raya Baudinet qui revient de ce lieu idyllique nous parle de l’idée de disparition au Japon au regard de trois artistes japonais: Sugimoto, Kudo et Kawabata.  Comme chacun le sait la tradition esthétique japonaise liée à la disparition se rattache à la dimension cyclique de la nature avec son renouvellement annuel.
Pour ceux qui ne peuvent s’offrir le luxe d’une évasion au pays du Soleil-Levant, il reste la possibilité de découvrir les sites oubliés dans le sud de l’Europe. Lors d’un récent voyage en Italie, nous avons eu le bonheur de faire la visite des anciennes Thermes de Baia. Situé non loin de Naples, le lieu nous offrait la possibilité de faire connaissance avec une des merveilles de l’architecture antique. Quel est le lien avec Nashima? Notamment une imposante construction architecturale constituée d’une demi-sphère. En plein milieu de sa coupole est percé un oculus qui nous rattache au bleu du ciel et dont l’ombre portée se dessine sur le plan d’eau et sur les parois. Une intervention qui fait directement référence à l’installation  que James Turell a implantée sur l’île japonaise. Rien de neuf sous le soleil? Peut-être l’écho. A Baia, l’écho y est très important, le bruit de vos pas se répercutent sur les parois. Juste à côté, depuis le centre d’une voûte, pousse vers le bas, racines vers le haut, un figuier sauvage.
Autres réceptacles pour l’art. Restons à Naples. Au niveau de l’art urbain vous avez le métro local et ses stations décorées par les plus grands artistes contemporains. Epoustoufflant! A quelques km du centre de Naples en pleine banlieue populaire. Il faudra compter sur un court voyage en train et une demi-heure à pied pour découvrir ce que les Napolitains appellent le “Bronx”. Un quartier populaire.  Le dépaysement vaut le détour par la richesse des rencontres improvisées qui jalonnent la ballade. C’est là, que Jorit Agoch, un street artist napolitain a choisi d’ériger deux portraits géants sur les façades aveugles de deux complexes immobiliers de type cages à poules.  L’artiste est surnommé le Caravage des street artistes parce qu’il aime sortir de l’anonymat  des visages issus du peuple en leur offrant un surcroît de dignité artistique.  On y voit d’un côté le visage du dieu humain napolitain, le footballeur  Maradona accolé au visage grand format d’un jeune autiste. Quel est le but? Une célébration de l’humain portée par la transformation des périphéries en musée ouvert?
Quoi qu’il en soit, une tentative singulière qui ensemence la périphérie en rendant un supplément de dignité et d’importance à des quartiers totalement dévalorisés par la violence d’une architecture urbaine. L’humain au centre c’est aussi ce que véhicule Eric Van Hove, artiste belge  résidant et travaillant à Marrakech avec sa petite tribu d’une dizaine d’artisans sur un projet totalement fou, la création d’une moto électrique marocaine: la Mahjouba. L’origine du mot désigne un voile que l’on met sur ce qui est sacré. Cette moto considérée comme une oeuvre d’art sera composée de matériaux recyclés et symbolisera  pour son auteur le passage à une nouvelle ère: le post fordisme. Pour Eric Van Hove la finalité du projet est d’insuffler aux artisans l’esprit d’entreprise afin qu’ils pensent la forme autrement. L’utopie et l’idéal d’un art sans concessions est toujours d’actualité.
Cette action émancipatrice de l’art subsiste toujours dans le coeur, le feu couve encore. Ce n’est pas Enrico Lunghi forcé à la démission de son poste de directeur à la tête du MUDAM qui me contredira. Le livre qui vient de sortir intitulé “Lynchage médiatique” édité à compte d’auteur est là pour en témoigner.

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