Flux News Magazine #75

Edito

Eternelle magie du regard avec la photo de couverture d’une petite fille figée dans l’étonnement  réalisée par Luc Vaiser. L’artiste revient sur d’anciens clichés en isolant certains détails pour les retravailler ensuite sur photoshop, comme nous l’explique Céline Eloy dans son texte relatant la manière pour lui de se sentir au plus proche du regard. Cette transition idéale nous amène à vous souhaiter pour 2008, une multitude de stupéfactions et d’étonnements à répétition dans le monde de l’art… Une fois de plus, comme à son habitude pourrais-je dire, ce numéro sera en décalage sur les événements puisqu’il vous parlera en grande partie d’expositions terminées. Le site tentera de combler les trous vis-à-vis de l’actualité immédiate en tentant le mieux possible de vous tenir au courant des événements marquants à ne pas manquer. De plus en plus, la revue papier se concentrera sur des textes de recensements d’expos et d’essais critiques. Même si cette formule devient de plus en plus désuette, nous relevons le défi et engageons nos collaborateurs à continuer dans ce sens.  Nous voulons sauvegarder le luxe d’avoir des avis divergents sur des expos passées: c’est le cas avec l’expo de Rita Mc Bride au Wiels qui a été recensée sur le site par un texte écrit en flamand par Luk Lambrecht, et dans la revue papier par Louis Annecourt, une de nos dernières jeunes recrues. Deux visions décentrées permettent d’ajuster notre point de vue sur un événement.
De même, une exposition à caractère bifocal a retenu mon attention ces derniers mois, le BOFU, musée de la photo d’Anvers présentait une expo d’Ai Weiwei: une occasion de découvrir l’oeuvre et de nous entretenir avec celui qui est devenu une véritable icône populaire du monde de l’art. Catherine Callico, notre collaboratrice, faisait également partie de l’expédition et a écrit à ce propos. M’amenant sur place avec une heure de retard le jour du vernissage presse et pensant que tout était déja cuit pour l’interview, je me retrouvis nez à nez avec Ai Weiwei dévalant l’escalier entouré de son Bodyguard. Voyant mon étonnement de cette rencontre impromptue,  il m’apostrophe : “Avez- vous une question à me poser?” Pris au dépourvu  je lui rétorquai  ce que d’habitude je pose aux artistes comme question quand un rapport particulier se dresse entre nous: “Can you draw me a bull?” Il fit semblant de ne pas comprendre et poursuivit sa descente. Pensant que je ne le retrouverai plus, je le débusquai une heure plus tard coincé dans sa course aux interviews. Il me reconnut et semblait un peu mal à l’aise.
Je ne vécus pas sa résistance comme un échec. Au contraire, elle m’a ouvert la porte sur une autre exposition qui m’a fait entrer de plain-pied sur une réalité qui me semblait à jamais perdue. A l’étage supérieur, Andrea Stultiens, artiste hollandaise présentait une exposition à caractère documentaliste sur l’Ouganda. Ce qui me frappa d’emblée et qui retint mon attention fut la grande diversité de visions différentes due en grande partie au choix curatorial de l’artiste. Peintures, photos, archives d’époque, photos jaunies, photocopies, un melting pot de documents provenant de journalistes mais également de gens ordinaires.
Cette bouffée d’air frais me sauva d’une peur d’asphixie. La multiplicité des points de vue proposés par Andrea Stultiens confrontés à l’étage du dessous, avec la mise en place d’une expo photos se concentrant sur l’unicité d’un point de vue égomaniaque qui semble se servir du réfugié comme materia prima d’un alibi artistique apportait un supplément de sens à ce parcours. La visite de l’expo de Beuys au MHka ne faisait que conforter mon sentiment que la vision d’une sculpture sociale véhiculée par l’artiste héroïque a pris du plomb dans l’aile, aujourd’hui.
Faire entrer le réel dans l’art en lui laissant la liberté de dicter sa loi a toujours été un exercice fabuleux pour les artistes, encore plus si s’entremêlent dans ce réel, fables, légendes et contes populaires. A lire la chronique d’Aldo Guillaume Turin sur Cogitore un jeune cinéaste français qui a vraiment ressenti les enjeux de cette captation.

Sommaire

2 Edito. Expo du Cirque Divers au musée de la Vie Wallonne,  J.M. Botquin
6 Tournai Fondation de la tapisserie, un texte de Michel Voiturier.
Première expo de la Province de Liège pour l’art et la culture.
7 Exposition de Luc Vaiser à la galerie Yoko Uhoda, un texte de Céline Eloy. Europalia Indonésie, Liège,  interview d’Alexis Gauthier .
8 Exposition de Christo et Jeanne Claude chez ING à Bruxelles, un texte et une interview de Bernard Marcélis.
10 Recensement d’un festival experimental à Zurich par Marion Tampon Lajariette.
11 Party Content expose et planifie à Liège, texte de Céline Eloy.
Prix Bernd Lohauss décerné cette année à Marc Rossignol.
12 Recensement de deux expositions au Bofu à Anvers: Andreas Stultiens et Ai Weiwei par Lino Polegato et Catherine Callico.
13 Résurgences: exposition collective à l’Espace 251 Nord, un texte de Sylvie Bacquelaine.
15 page d’artiste de Jean Pierre Ransonnet “Figures de vernissage” de l’expo Ransonnet à la galerie Flux.
16  recensement du livre Just Kids de Patty Smith par Véronique Bergen.
17 Recensement d’un spectacle de Wim Vandekeybus par Aurelia Declerq.
18-19 Le grand Quiz de l’été dédié à Rita Mc Bride est réalisé par Louis        Annecourt.
20 David Lachapelle au BAM Mons, un texte de Michel Voiturier.
21 Private choice à La Centrale, un texte d’Aurelia Declerq.
22 Sur l’oeuvre de Gundy Falk, un texte de Veronique Bergen.
23 Interview de Lara Gasparotto par Catherine Callico.
24 Magritte-Broodthaers aux Musées des Beaux Arts de Bruxelles, un texte de Luk Lambrecht.
26 Un entretien avec Nicolas Jolly (IHA) par Annabelle Dupret.
27 Stella Lohaus reprend la dicretion du LLS à Anvers, un entretien de Colette Dubois.
28 André Butzer investit l’Ikob, un texte de Romain Masquelier.
Expo de Marie Zolamian au MuZee d’Ostende par Annabelle Dupret.
29 Expo de William Kentdrige à Bruge par Luk Lambrecht.
30/31 Escapade Milanaise avec Yoann Van Parys
32 La Chronique d’Aldo Guillaume Turin
34 Expo des bijoux de Patrick Marchal au CID, un texte de Michel Voiturier. 2017 L’envol de Jacques Charlier par Lino Polegato
35 Page d’artiste de Jacques André

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