Flux News Magazine #73

 Edito

L’image de couverture est choisie festive. Une bière pour oublier l’art ! C’est sans doute ce qu’ont voulu dire Jérôme André et Thibaut Blondiau du collectif « DSCTHK », en concevant cette pièce emblématique aux allures d’Eldorado bien de chez nous. Cette œuvre fait partie de la collection de la SPACE et sera montrée dans le cadre d’Art Brussels au stand FluxNews.

Exit cette année le prix de la jeune peinture au Bozar et son idéal de découverte de jeunes artistes, un rêve qui fait aujourd’hui figure de has been. Il a été remplacé par le Belgian Art Prize plus référencé à ce qui se fait au top de la scène internationale. La référence au Turner Price est ici évidente. Louis Annecourt se charge de nous décortiquer en détail et avec humour les grandes lignes de ce changement de cap. Dans son texte, il cible plus particulièrement le travail de Denicolai&Provoost. Ce duo d’artistes sont l’exception dans ce nouveau prix remanié… Pour eux, le fait de ne pas avoir de galerie n’est pas un problème, ça leur permet de créer en toute liberté.  «Nous sommes en désaccord total avec le fait de comment l’art est consommé aujourd’hui, on vit de la production de notre travail pas de la vente, me confiera Yvo Provoost dans une interview accordée. Pour eux, les circuits des résidences d’artistes, les quelques collectionneurs underground sont des bouées de secours. Le marché seul ne fait pas la loi.

Tous n’ont pas cette assurance. Pour la plupart, devenir un artiste professionnel, avoir une galerie, être coté, c’est ce qui compte. Accepter les codes en vigueur c’est souscrire aux règles du marché. Pour un jeune artiste non encore inséré dans le circuit des galeries, pas d’échappatoire possible, une seule issue : la fuite ou résister.

La question de la visibilité et de la représentativité pour les jeunes et moins jeunes est aujourd’hui de plus en plus centrale.

La France a opté pour un choix judicieux: une fois par an, le grand public et les galeristes peuvent découvrir de nouveaux talents nationaux et internationaux au Salon de Montrouge dans la banlieue de Paris. Ami Barak, critique d’art et commissaire d’exposition, a fait de ce rendez-vous annuel un must incontournable pour le public et les professionnels dans tous les champs de la jeune création. Pour les institutions officielles belges un modèle du genre à exporter. De ce côté-ci de la frontière le terrain n’est heureusement pas vierge.

Des jeunes curateurs opportunistes et courageux enfoncent les portes et amènent de la nouveauté. C’est le cas avec Alain Declerq, artiste liégeois et entrepreneur curatorial par vocation. Il a, en quelques années bousculé les conventions « laymipleuristes » locales en constituant une collection qui a fière allure. Chacun en profite, les artistes en premiers qui bénéficient d’un achat et les pouvoirs politiques qui entrevoient l’aubaine que constitue pour eux cette action sur le terrain.

L’actualité locale nous rappelle que nous avons la chance d’avoir de jeunes directeurs de musées de haut vol qui font bien leur boulot ! Je pense à Pierre Olivier Rollin au BPS 22 qui signe, avec la rétrospective hommage dédiée à Marthe Wéry, une de ses plus belles réalisations. L’occasion de s’apercevoir à quel point le rayonnement de son oeuvre continue à nous parler avec vérité ; comme si ses expérimentations picturales, une fois réactivées, retrouvaient subitement une sorte de fraîcheur intemporelle. Saluons également le choix de programmation judicieux de Denis Gielen au MAC’s pour avoir mis en lumière le fabuleux travail de Philippe De Gobert en lui donnant l’opportunité de présenter ses derniers travaux. Septembre Tiberghien en parle dans ces pages.

Et surtout n’oublions pas la Documenta avec cette année sa politique d’anti star et la Biennale de Venise, interview d’Edith Dekyndt par Colette Dubois dans ce journal. Nous nous étendrons plus longuement sur ces sujets dans nos prochaines éditions.

Sommaire

2 Edito. IKOB: Jerry Frantz & Sali Muller «MUSEUM OF VANITIES»

4 Marthe Wéry au BPS22 Radicalité subtile, un texte de Sandra Ancelot

5 Wolfgang Tillmans à la TATE MODERN par Catherine Angelini – Ceci (n’) est (pas) une copie, exposition au CID, un texte de   Charlotte L’Heureux

6 L’insistance des luttes, par Véronique Bergen

7 Livres. Nouveautés sur L’Art Brut par Véronique Bergen

8 Laurence Dervaux, tisseuse de vie, un texte d’Alexia Creuzen

10 Rétrospective Gerard Richter au Museum Ludwig de Cologne, un texte de Luk Lambrecht

11 Deuxième édition d’Independent par Colette Dubois

13 Page d’artiste intervention de Samuel D’Ippolito et de Thibaut Wauthion

14 Philippe Degobert au MAC’s un texte de Septembre Tiberghien Expo Latoya Ruby Frazier par Michel Voiturier.

16 Les 15 ans de la Space Collection, un texte de Céline Eloy

18-19 Un recensement du prix ArtPize au Bozar par Louis Annecourt.

20 Interview d’Edith Dekyndt par Colette Dubois et Lino Polegato

22 Exposition Almond Chu à la galerie Yoko Uhoda, un texte de Sylvie Bacquelaine. Exposition collective au chateau Kairos, un texte de Catherine Callico

24 L’esprit Français à la Maison Rouge, interview des commissaires par Annabelle Dupret

25 Expo du Wiels, “Le Musée absent” un texte de Colette Dubois. Entretien avec John Knight par Annabelle Dupret. Exposition du Fresnoy, un recensement par Michel Voiturier.

28 Intervention de Yoann Van Parys sur l’exposition de Vranken

30 Expo Yves Klein au Bozar, un texte de Catherine Angelini

31 La Documenta 14 en crise interview d’un curateur par Catherine Callico. Impressopn sur la Documenta par Pierre Philippe Hofmann. Un texte sur Lara Gasparotto de Joke Lootens.

32 11e Biennale de la gravure de Liège, recensement par Céline Eloy. Expo au Musée Guislain par Joke Lootens.

33 Recensement d’un colloque sur l’art Brut par Annabelle Dupret.

34 Exposition Sithonia à l’Espace Galerie Flux, interview des artistes Francis Shmetz et Claire Lavendhomme par Lino Polegato

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