Eugène Savitzkaya

Pierre Gérard : "Besoin naturel", 2013.

Biopsies sociales de Pierre Gérard, Babis Kandilaptis et Nicolas Kozakis à deux jets de fronde de la tour mirifique, quartier Calatrava à Liège, quelques jours avant l’émeute.

L’homme, le meilleur comme le pire, le grand, le petit, le maigre et le bedonnant, le ministre des finances comme l’arrogant financier, doit chier, qu’il le veuille ou non. De même la femme du banquier comme la femme, la fille, la concubine, la mère ou la grand-mère du boursicoteur. Le gâteau à la meringue, tu le chieras tout à l’heure, aimable faire-valoir du valorisé milliardaire en Maserati turbotine.

Nul ne peut empêcher l’homme de chier. Désormais nous chierons tous et toutes dans la rue entre les voitures, au pied des statues, et nous laisserons nos étrons sécher au soleil et se transformer en or pur.

Otes-toi de mon soleil, petit politicien bilingue ou gente dame gantée, la rue est mon territoire car ma mère était putain. Elle a couché pour la voiture de sport et le marbre des baignoires et mis au monde les ogres les plus féroces. Dans le même mausolée en forme de benne à ordures, Megele et Messerschmitt,  Massis et Massu pour ne parler que d’eux.

A la lie ! Que la cocaïne fasse son effet.
Que ça renifle.
Que la vie mène au lisier.
Que, enfin, la civilité renaisse de ses cendres.
Que s’élèvent les rognures du grand dragon rogné.
Que chaque rognure de chaque être humain vaille le centuple de cent dollars américains.

Le paradis nous est offert : l’impotent puissant pleure, le maître du bourg remet son pantalon, le gouverneur rattache sa braguette, le ministre replace sa couille, le président tache son caleçon de chez Armandi.

Que la vie mène au lisier.

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